Almaty

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L’arrivée à Almaty se fait par une route en construction. Ici, ils ne se posent pas trop de questions : quand il s’agit de refaire une route, on casse tout sur 100 km, en laissant aux voitures une vague piste défoncée, limitée à 40 km/h (gardée par des flics armés de radars). Vu que les routes soviétiques partent en sucette et s’effondrent de partout, ils ont bétonné la nouvelle route. Libéralement, c’est-à-dire qu’ils coulent des dalles en béton armé sur toute la largeur de la route.. 100 km par 10m de large (au moins), ça en fait du béton (et de la ferraille). Contrairement aux Mongols, ils mettent effectivement les moyens, et beaucoup d’équipes travaillent sur le chantier. Pourtant, on se demande s’ils auront fini avant 2050, l’échéance qu’a fixée le président-dictateur-à-vie Nazarbayev pour amener son pays dans les 10 pays les plus développés du monde. Bonne chance !

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Le soir tombe avant qu’on arrive à Almaty, on cherche donc un endroit où bivouaquer – et si possible avec la 3G, pendant qu’on y est. Mais ce n’est pas facile de trouver un coin tranquille car la région est de plus en plus développée au fur et à mesure que l’on se rapproche de la plus grande ville du Kazakhstan. Finalement, de nuit, on arrive à Kapchagay, qui est en fait une espèce de Las Vegas pour riches Kazakhs : on traverse des dizaines de casinos éclairés de millions de néons, et autant en construction. Apparemment, les Kazakhs ont de la peine à claquer leur pétro-dollars.

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Hors de question d’entrer à Almaty de nuit, on trouve donc un terrain vague qui surplombe la route, et on monte notre camp à la lumière blafarde des néons des casinos. Surréel.

Le lendemain, nous entrons dans Almaty, et nous nous dirigeons d’abord vers le principal concessionnaire Toyota de la ville (il y en a au moins trois). Un grand bâtiment neuf et à la propreté impeccable, complètement identique à ce que l’on pourrait trouver à Paris ou (j’imagine) à Tokyo. Les 4×4 flambant neufs sont alignés et n’attendent qu’une poignée de dollars pour partir sur les routes d’Almaty. Au moins, ici, on sait pourquoi on achète un 4×4 ! On est très bien reçus par les employés, on a même droit à notre « assistante » qui parle un peu anglais et qui nous fait attendre avec un café. Après 1/2 h, on vient nous chercher et on nous annonce que le diagnostic coûtera 15€ : ok, pourquoi pas, et un mec en costard nous accompagne avec un formulaire dans l’atelier. Heureusement, on arrive à communiquer par geste avec un mécano qui comprend notre problème et agit de suite. Quand au superviseur en costard, on le perd de vue.

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On avait deux problèmes principaux : la barre stabilisatrice qu’il fallait replacer (on avait perdu un boulon) et des durits de carburant à changer. Pour la barre stab, le gars trouve un boulon de la bonne dimension, jusque là c’est pas trop difficile. Mais pour la durit, ils commencent à me demander… le VIN de la voiture pour trouver la référence Toy. J’ai de la peine à leur expliquer qu’il s’agit d’un réservoir supplémentaire non standard et que la durit est un simple tuyau de carburant tout bête. Mais apparemment, cela ne rentre pas dans leur logiciel et ils lèvent les bras en l’air en signe d’impuissance… incroyable. Ils sont à peu près inutiles. Mais en même temps, ils doivent se sentir un peu con de ne pas avoir pu nous aider, du coup ils nous font une facture de… 1€ ! OK, on se quitte sans ressentiment, mais avec un problème toujours non résolu : où trouver de la durit de bonne dimension ?

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Comme prévu, la porte arrière a morflé à cause du porte-roue.

Je me rappelle alors qu’il y a dix ans, j’avais rencontré le club de motards d’Almaty, qui nous avaient aidé en usinant une nouvelle couronne pour Ténéré (dans de l’acier de qualité militaire « trouvé » dans une ancienne usine de torpilles), et qui nous avaient aussi invités à une petite beuverie. Je retrouve péniblement l’endroit, juste à coté du stade de foot. Malgré mon nouveau statut de 4x4iste, je suis bien accueilli et un mec du club me file le chef au téléphone (qui parle un peu anglais). Il nous donne rendez-vous pour le lendemain à midi. Le soir tombe, on est crevé et on a besoin d’une bonne douche, on choisit donc un hôtel de moyenne catégorie, type business, et on s’offre un peu de confort à l’occidentale pour la première fois depuis le départ ou presque. Du coup, on se paie aussi un bon restau chinois dans le quartier.

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Soudure sans gants et sans lunettes, bien entendu. Davaï !

Le lendemain, on retrouve Marat, le chef (?) du club, ponctuel au rendez-vous : il semble qu’il ait pris sur sa pause déjeuner pour venir nous aider. Il nous amène non loin de là à un garage de copains à lui, qui nous prennent immédiatement. Cette fois, les gars n’ont pas deux mains gauches et se mettent au boulot. Après avoir changé un bout de durit, ils vidangent également le circuit de freinage, car on a de sérieux problèmes d’équilibre à ce niveau-là. Ca ne résout pas tout, mais ça va clairement mieux. Quand au circuit de diesel, on s’apercevra qu’il fuit toujours, car ils n’ont changé qu’un bout de durit autour d’un T, mais les autres sont tout aussi pourris (c’est à Bishkek qu’on résoudra définitivement le problème). On en profite également pour réparer tant bien que mal la porte arrière, le porte-roue a fini par fissurer le métal. C’était malheureusement prévisible, mais on n’avait pas trop le choix si on voulait emporter 2 roues de secours. Vu qu’on n’a utilisé ni l’une ni l’autre, et que l’année prochaine sera plus facile (moins exposé), on en emportera qu’une. Mais comme l’autre roue de secours met à mal la galerie, on a quand même un problème à résoudre…

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Petit déj dans une yourte pour touristes.

Ceci fait, comme on aimerait éviter une nouvelle nuit à 50€, on se dirige vers la montagne toute proche de la ville d’Almaty. La route monte régulièrement jusqu’à un péage, où on doit s’acquitter d’un droit d’entrée dans un parc national. On continue à grimper, mais on ne trouve pas trop de coin sympa ou se poser et il commence à faire nuit. Finalement, on opte pour un grand parking dans une épingle, faute de mieux. L’endroit pourrait être plus agréable, mais le trafic est faible et on est tranquille… jusqu’à ce que deux bagnoles se garent à coté de nous. On a l’impression que c’est l’endroit où les gamins viennent boire des bières avec la voiture de papa. Finalement ils se barrent et on passe une bonne nuit.

Le lendemain, on est à peine réveillés que débarque une Audi flambant neuve (pas encore de plaques) d’où sortent 3 pétasses complètement déchirées qui semblent sortir de boîte. Elles gloussent stupidement et font des selfies avant de repartir… la jeunesse dorée kazakh !

Les meilleures baursaks qu'on ait mangés jusqu'à présent (beignets de pâte)
Les meilleures baursaks qu’on ait mangés jusqu’à présent (beignets de pâte)

Notre dernière mission est de décrocher un visa pour l’Inde, notre destination d’hivernage (on a trouvé des billets directs et pas chers entre Bishkek et Delhi). On se renseigne auprès de l’ambassade de Bishkek, et il se trouve que les procédures sont bien plus simples ici alors. On décide donc de déposer notre demande immédiatement, car il faut 5 jours (6 en comptant un jour férié indien) et notre visa kazakh est valable encore 7 jours. Cela nous laisse le temps de visiter deux sites pas trop loins d’Almaty : le lac Kaindy et le canyon de Charyn.

Routes impeccables mais constamment congestionnées.
Routes impeccables mais constamment congestionnées.

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