Canyons, mine d’or et tomates

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Nous continuons le lendemain vers les canyons de Kermen Tsav. Alors que nous avions toujours croisé quelques yourtes et des troupeaux même dans les coins les plus perdus, cette fois la région que nous traversons est complètement inhabitée. On est loin de tout, et les paysages sont encore plus désertiques qu’ailleurs. Les rares plantes et buissons qui poussent ne sont pas comestibles pour les troupeaux. Il y a quelques sources, mais elles ne sont pas utilisées car il n’y a pas de pâturages autour. Nous nous arrêtons à une oasis en pensant y trouver des nomades, mais elle n’est pas habitée. Les locaux viennent y récolter des roseaux mais repartent en camion.

Nous rejoignons les canyons de Kermen Tsav, certainement un des plus beaux endroits que nous ayons visité en Mongolie. Nous sommes toujours dans les mêmes roches colorées, celles qui contiennent des fossiles de dinosaures. Ici, elles sont creusées de profonds canyons. On s’installe au fond de l’un d’entre eux, sous de beaux arbres, là encore l’eau n’est pas loin. Mais aucune trace de troupeau, personne ne vient ici… Ou presque : en arrivant, nous rencontrons un géologue et son conducteur, venus à moto, pour étudier la ressource en eau du massif (enfin, c’est ce qu’on a compris). Superbe balade à pied dans les dunes et les canyons qui se terminent en étroitures.

C’est vraiment un endroit magnifique, le temps est avec nous, la soirée est chaude, sans vent, et le ciel étoilé est splendide.

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Notre prochain objectif est l’oasis d’Ekin Gol plus au sud. Celle-ci, plus importante que les autres, est habitée depuis les années 70 et un projet de re-végétalisation du désert. Depuis 20 ans le projet est abandonné par des familles sont restées habiter là-bas. L’oasis est réputée pour son « impressionnante production de fruits et de légumes » dixit les auteurs d’un guide de voyage, qui n’y sont probablement jamais allés.

Le problème est qu’il n’existe pas de route entre les canyons de Kermen Tsav et l’oasis, vu que personne ne vient par ici. Nous n’avons pas de trace sur le GPS, juste les coordonnées de l’oasis, il faut donc trouver notre chemin au cap. Bon, au début, pas de problème, on suit quelques traces de véhicules, mais elles se perdent bien vite dans le lit d’une rivière. Finalement on se retrouve dans un terrain où on n’avance plus : le sol marneux est gonflé en surface par du gypse et on a l’impression de rouler dans du sable mou et on manque de s’enliser à plusieurs reprises. Il faut sans cesse traverser des petits ravins, c’est sûr que le passage n’était pas là… pffff… Là, on se dit qu’il ne faut pas tomber en panne, rien casser sur la voiture et ne pas s’enliser trop profondément… déjà que sur les pistes principales, il doit passer au mieux un véhicule par semaine ou par mois, là, paumés au milieu de rien… ça peut vite être la galère. Et l’oasis est encore à 60km… un peu long à pied dans le désert !

Finalement, on se dit qu’il va falloir faire ½ tour et se retaper ce terrain infâme une seconde fois pour faire tout le tour de la montagne et chercher un autre passage. A ce moment-là, on voit au loin une « arche »… improbable au milieu du désert ! En s’approchant, on comprend qu’il s’agit en fait d’une énorme pelle mécanique en train de creuser pour chercher … de l’or. On est sauvé, s’il y a une mine, c’est qu’on va trouver une bonne piste ! Du coup, on fait une halte chez les mineurs, on est très bien accueillis par la cuisinière qui nous offre du thé et ne nous laisse pas repartir sans une belle provision de beignets.

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Nous rejoignons effectivement l’oasis par une belle piste. En arrivant nous sommes assez déçus par les paysages : il reste quelques habitations en ruines, les autres assez pouilleuses, quelques pauvres arbres, quelques chèvres et quand même, un petit jardin de tomates… On cherche les montagnes de légumes, sans succès. Mais en revanche, nous sommes chaleureusement accueillis, tout d’abord par une famille qui nous offre une tomate, et ensuite par le ranger du parc. Celui-ci est chargé de nourrir les ours du Gobi, dont il ne reste que quelques individus. Ils ont installé une mangeoire au milieu de nulle part, mais avec quoi la remplit-il ? on n’a pas réussi à savoir (du miel, des croquettes, hum…) Il possède un petit bureau avec des panneaux d’information (en Mongol mais il y a des photos) et une exposition de crottes d’animaux sauvages (ours, chameau, etc).

Il nous amène aussi avec sa moto à la source pour faire le plein d’eau, puis il appelle une voisine qui part récolter quelques tomates et revient avec un seau plein et une balance électronique. Nous repartons avec 2 kg de tomates et un melon, des denrées inespérées en Mongolie et encore plus dans le désert.

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